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Castres champion de France de rugby

L'exploit est immense pour le Castres olympique, seulement neuvième budget du Top 14, et qui soulève le quatrième Bouclier de Brennus de son histoire. L’équipe a renversé des montagnes sur son passage pour atteindre le sommet: Montpellier (25-12) en barrages, Clermont la semaine passée en demies (25-9), puis finalement l'ogre varois à qui tout le monde prédisait un destin en or.

Il aura manqué un brin de souffle au RC Toulon qui a buté sur la belle machine huilée du duo d'entraîneurs castrais Laurent Labit-Laurent Travers. Ces derniers ouvrent ainsi leur palmarès dans l'élite et transforment leurs adieux en apothéose, puisqu'ils seront aux commandes du Racing-Métro l'an prochain. Quatre ans après leur arrivée dans le Tarn, ils hissent à l'empyrée une équipe sans véritable star mais soudée à l'extrême.

Dans un Stade de France archi-comble et surchauffé, les Castrais ont ainsi enrayé grâce à leur immense solidarité défensive la mécanique varoise. Surtout, ils ont pu compter sur leur demi de mêlée et buteur Rory Kockott, qui a livré une formidable prestation. Le Sud-Africain a notamment inscrit un magnifique essai, prenant toute la défense toulonnaise à revers Cet essai permit ainsi aux Castrais de basculer devant à la pause (10-3) et de ne jamais être repris.

A l'inverse, Jonny Wilkinson a de son côté été inhabituellement inefficace au pied, heurtant quatre fois les poteaux et ratant un drop. Soit 14 points gâchés en route au total, un handicap insurmontable en finale. Plus impressionnant encore, les Castrais ont pris les Toulonnais à leur propre jeu. Impeccables dans le défi physique, ils ont contraint les Varois à s'exposer, produire du jeu et au final, multiplier les en-avant, à l'image d'un Mathieu Bastareaud très percutant mais bien trop imprécis.

Le Castres olympique a été impeccable de réalisme, validant la plupart de ses temps forts. L'ouvreur Rémi Talès, convoqué avec le XV de France pour la tournée en Nouvelle-Zélande, a ainsi fait honneur à son nouveau statut en claquant deux drops (72, 74) salvateurs.

Un joli pied de nez à Wilkinson, spécialiste en la matière et qui venait de ramener le RCT à une longueur, par deux pénalités (46, 66). Une dernière pénalité de Rory Kockott (19-9, 79) achevait de mettre Castres à l'abri. L'essai à la sirène de l'arrière toulonnais Delon Armitage, encore hué toute la partie pour avoir chambré le Clermontois James en finale de Coupe d'Europe, ne changeait rien. Et comme un symbole de la rencontre, la transformation de Wilkinson se fracassait sur le poteau, avec les rêves d'un incroyable doublé de Toulon.

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