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Gagner deux Grands Tours d'affilée, mission impossible?

Environ quatre semaines entre le Giro et le Tour de France, puis entre la Grande Boucle et la Vuelta, c'est très court pour les prétendants à la double couronne. Surtout dans le cyclisme moderne où la préparation d'une course de trois semaines peut débuter des mois à l'avance.

Ainsi, la saison dernière, si l'Espagnol Alberto Contador a dominé le Giro en mai, il a payé ses efforts au Tour de France en juillet (5e). Et le Britannique Chris Froome, qui a survolé la Grande Boucle, a eu des coups de fatigue inhabituels sur la Vuelta, qu'il a quittée après une fracture à un pied.

Après nombre de doublés tout au long du XXe siècle (Coppi, Merckx, Hinault...), l'Italien Marco Pantani reste le dernier coureur à avoir réussi un tel enchaînement avec sa razzia Giro-Tour en 1998. Mais son directeur sportif de l'époque, Giuseppe Martinelli, n'envisage plus qu'un seul type de doublé: Giro en mai puis Vuelta en août-septembre, comme l'avait réussi Contador en 2008.

«Giro-Tour la même année, c'est impossible et Contador l'a montré cette saison», a expliqué le manager de l'équipe Astana. Quant au doublé Tour-Vuelta, il semble encore plus ardu en raison d'une pression «décuplée» sur l'épreuve française, fait valoir Didier Rous, directeur sportif de l'équipe française Cofidis. «Un vainqueur du Tour est tellement sollicité pendant l'épreuve et après... Obligatoirement, il y a un phénomène de décompression», souligne l'ancien double champion de France.

«Mentalement, c'est dur», confirme le coureur français Sylvain Chavanel (IAM), qui s'était lancé cette saison le défi personnel de courir les trois Grands Tours. De telles courses, «ce sont quand même des semaines loin de la maison. Pour l'équilibre familial, c'est pesant». Il s'agit aussi de bien calibrer l'entraînement pour arriver en forme aux moments requis. «C'est déjà assez difficile de trouver son pic de forme, alors d'en trouver plusieurs...», conclut Chavanel.

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