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Handball féminin, l'affiche de la controverse

  • Affiche officielle coupe de la Ligue de handball féminin à Coubertin

A moins d’un mois de la tenue de la phase finale de la coupe de la Ligue de handball féminin à Coubertin (Paris XVIe), l’affiche annonçant la compétition et qui très prochainement couvrira les murs de la capitale provoque des réactions pour le moins discordantes, jugée accrocheuse par les uns et vulgaire par les autres.

Il faut avouer que le choix adopté par la LFH ne fait pas, pour ainsi dire, dans la dentelle, une jolie jeune femme sobrement vêtue d’un bustier et d’une microscopique culotte se prépare à fouetter un ballon de hand. Odile Marcet, conseillère de la présidente de la LFH et membre du conseil d’administration de la Fédération française, s’en explique : « On a eu des propositions de qualité, originales, mais toujours dans un cadre très glamour ou autour de l’extrême féminité. On a eu cette proposition sur l’univers du cirque… Cela correspondait aux valeurs des femmes de défi et de caractère qui domptent la balle pour faire du hand un vrai spectacle. Ça avait d’autant plus de sens que cette affiche était beaucoup moins convenue. »

Au club d’Issy-Paris, coorganisateur de l’événement, qui souhaitait donner un caractère solidaire et citoyen à cette compétition, notamment par le biais d’une collecte de matériel et de fond au profit de l’association Educ’Hand, certains s’étranglent. Son président Jean-Marie Sifre avoue que s’il « avait eu le pouvoir de décider, [il] n’aurai[t] pas choisi celle-là ». Son entraineur Arnaud Gandais est plus catégorique « Je n’ai sans doute pas les compétences pour savoir ce qui interpelle le plus les gens. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit celle qui mette le plus la femme en avant… Pour moi, elle est à chier (sic)! J’espère que l’événement sera de meilleure tenue que l’affiche! »

Odile Marcet, décidée à « sortir du hand à la papa, où le hand féminin était un sous-produit du hand masculin », s’est habituée à ces « réactions négatives à 100% masculines » mais continue de s’interroger, « pourquoi les hommes y ont mis tous leurs fantasmes, se projetant même dans un univers SM, alors que les femmes y voient, elles, celui du cirque, du spectacle et du ballon? »

Une chose est sure, les 350 panneaux de la Ville de Paris et les 600 affiches qui seront placardées dans le métro et RER très prochainement n’arboreront pas le logo d’Issy-Paris. Un détail qui passera aisément inaperçu.

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