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Le sport peut être un révélateur d’allergie

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Si les symptômes d’une allergie peuvent être aggravés lorsque l’on effectue dans le même temps une activité physique, il est un cas précis où l’allergie ne se déclenche que si un effort physique est couplé à l'absorption d’aliment. On parle alors d’allergie alimentaire induite par l’effort (AAIE).

L’allergologue Chantal Karila explique en détails : «On parle d’anaphylaxie induite par l’exercice et l’ingestion d’aliments ou encore d’anaphylaxie alimentaire induite par l’exercice physique (AAIE). C’est une forme particulière d’allergie alimentaire qui survient au cours d’un effort, lui-même précédé de l’ingestion d’un aliment. Par contre, l’effort isolé ne déclenche pas de réaction allergique, et la prise alimentaire isolée (sans effort) ne déclenche pas de réaction. L’anaphylaxie se définit comme la survenue de symptômes allergiques, au cours ou au décours immédiat d’un effort (urticaire, angio-oedème, signes respiratoires et digestifs). C’est une réaction potentiellement grave et le pronostic vital peut être mis en jeu s’il n’y a pas de traitement rapide»

L’AAIE toucherait ainsi 1 à 2 personnes sur 10 000

selon plusieurs études japonaises, des statistiques faibles comparées à celles de l’allergie alimentaire classique qui touche 6 à 8% des enfants. Sans qu’aucune explication ne soit encore avancée aujourd’hui, les sports représentant un facteur de risques plus accru sont les sports d’endurance qui solliciteront les fibres lentes des muscles pour un effort intense et prolongé. Ces sports peuvent donc être le jogging, la course à pied ou l’aérobic par exemple. A l’inverse, la natation, le vélo ou le ski sont plus rarement concernés.

Certains aliments sont également considérés comme des facteurs de risques tels que le blé ou les crustacés. Mais «la liste est très longue», selon le Dr Chantal Karila, et peut également comporter «le céleri, la tomate ou encore la pêche». Les symptômes les plus récurrents selon l’allergologue sont : «éternuements, toux, gêne respiratoire, prurit des plantes de pieds et des paumes des mains, douleurs abdominales ou crampes».

Comme pour les allergies alimentaires, la prise en charge repose sur l'évitement des facteurs provoquant les crises (allergène + effort physique et facteurs favorisants) et le recours à des traitements curatifs. «En préventif Il faut respecter la règle de 3 heures entre le repas et la pratique physique. Éviter de prendre de l’alcool, des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou de l’aspirine (cofacteurs favorisant la réaction allergique), qui augmente la perméabilité intestinale, et favorise la pénétration de l’allergène alimentaire. Il faut également boire beaucoup d’eau pendant l’effort et vérifier la composition des barres énergétiques avant toute prise. En curatif, on préconise l’arrêt immédiat de l’effort. Dès les prodromes, il faut téléphoner immédiatement au SAMU pour faire une injection d’adrénaline (auto-injecteurs disponibles)», conclut le Dr Chantal Karila.

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